Texte de présentation pour l’exposition “Sri Rada”, galerie Green Flowers Art.

Rada Tzankova réalise de grandes compositions constituées par la réunion de peintures (généralement entre six et douze) de format carré, rassemblées en une sorte de puzzle. Exécutées à l’encre et au crayon sur du papier imbibé d’huile, chacune de ces peintures est le fragment d’un paysage qui la dépasse. Le mot « puzzle » n’est pourtant pas exact. Chaque fragment a en effet sa propre autonomie. Tout en prenant place dans un tout, il existe aussi pleinement dans son unité.

Ces ensembles montrent des paysages. Ou disons des portions d’univers. Des montagnes, des cours d’eau, quelques fabriques, des personnages aux occupations diverses. Et, au milieu de tout cela, de grands courants qui circulent, nourris par ces couleurs à l’huile qui s’étalent, se nuancent, s’éclaircissent comme nimbées de lumière.

Au sein de ces paysages, ni les échelles communes ni la perspective n’ont cours. Entre le détail d’une herbe et le sommet d’une montagne, les chemins se raccourcissent. On y avance avec le sentiment d’un lien étroit entre les choses, à la fois uniques et prises dans un flux général. Les notions de mesure, de progression, de conquête n’existent pas. Le paysage évolue, grandit, s’approfondit, se rapproche, dans une fluidité qui défie la gravité terrestre et les contraintes de la mesure. La marge qui sépare deux peintures constitue parfois une rupture, parfois une respiration, parfois un invisible chemin de traverse. Le haut et le bas n’y sont plus des concepts valables.

C’est un paysage dont les éléments se voilent et se dévoilent tour à tour. Est-il réel ou rêvé ? Il est tel qu’il apparaît à la conscience quand celle-ci se recueille dans l’immensité.

Rada Tzankova, Sri Land, 2017, 60 x 40 cm, technique mixte sur papier.

 

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