Kim Lim, courtesy Art Plural Gallery, Singapour

Mercredi avait lieu le vernissage d’Art Paris Art Fair. Comme pour Drawing Now, voici quelques aperçus des repérages auxquels je me suis livrée ce jour là.
Singapour étant cette année l’invité d’honneur de la foire, j’ai commencé par la section qui lui était réservée et qui offrait d’agréables moments. Ainsi quelques instants de quiétude devant une série de sculptures en pierre de Kim Lim.

Kim Lim est une artiste originaire de Singapour, qui a vécu entre 1936 et 1997. Elle a étudié et souvent exposé à Londres, et son œuvre se concentre surtout autour de la sculpture — qui s’apparente souvent, comme ici, à des stèles —  et de l’estampe.
Sur le stand de la même galerie (Art Plural), deux très beaux dessins de la trop rare, par chez nous, Fabienne Verdier.

J’ai également regardé avec une certaine gourmandise le stand consacré à Jane Lee, dont les œuvres rythmaient les murs. L’artiste traite la peinture comme un matériau qui se modèle et se sculpte.

Parmi les pièces marquantes, il y avait l’étonnante machine transparente et sonore, toute en ombilics, de Zul Mahmod. D’autres réalisations de l’artistes sont visibles (avec le son) sur le site de l’artiste. Elles ne sont pas sans parenté avec la W-T Machine, machine d’alchimiste créée par Clément Bagot et Nicolas Darrot, et exposée récemment à la Galerie des Galeries (visible par exemple ici).

L’inspiration asiatique était présente ailleurs que sur les stands réservés à Singapour, et l’on pourrait citer de nombreux exemples aussi bien à Art Paris qu’à Drawing Now. Je me contenterai ici des œuvres de Jörg Gessner, composées de plusieurs papiers superposés sur un support de bois teint en sombre: elles jouent de leur subtilité et de l’exactitude de leur réalisation pour apaiser le regard.

Moins que dans les éditions précédentes, il faut l’admettre, mais encore bien souvent, Art Paris affectionne le kitsch. Ici, une œuvre d’un artiste surnommé The Kid: pour les besoins de la mise-en-page, j’ ai choisi ici les oeuvres les plus discrètes du stand…La rencontre avec cette belle endormie, créature de Lucy Glendinning, était assurément l’un des moments les plus troublants d’Art Paris. La difficulté, avec ce genre d’œuvres, est de se décoller de cette première sensation de fascination (ou de répulsion) pour s’en faire une opinion un peu objective .

Lucy Glendinning, courtesy galerie Da End, Paris

Mon attirance est allée vers des choses plus subtiles, comme la série d’immeubles étrangement flottants de Thibault Brunet — en réalité des photographies tirées sur papier Canson — ou les œuvres trouées d’espace de Claire Trotignon — dessins ou collages de gravures.Il y avait une époque pas si lointaine où l’on se demandait si la peinture était suffisamment représentée. L’important est qu’elle le soit bien (j’ai le souvenir d’éditions précédentes où la quantité de peintures faisait que le nombre de croûtes augmentait d’autant). Cette année, la galerie Claude Bernard avait consacré une grande partie de son stand à un magnifique ensemble d’œuvres de Sam Szafran. Et, ô joie, sur un mur du stand de la galerie Jean Brolly, une grande composition de Mathieu Cherkit qui (pour les amateurs) sentait bon la peinture fraîche: l’un de ses intérieurs encombrés et vieillots où le regard peine à circuler mais est tout au plaisir de la couleur et des matières.

Mathieu Cherkit, détail, courtesy galerie Jean Brolly, Paris

Et sinon, note à l’attention des artistes: continuez à faire des crânes, ils trouvent toujours preneur (cf. ci-contre)!

(Post-scriptum du surlendemain: il y a désormais deux points rouges à côté de la gravure du crâne)

Jane Lee, courtesy Sundaram Tagore Gallery, Singapour
Zul Mahmod, courtesy Yeo Workshop, Singapour
Jörg Messner, courtesy galerie Fatiha Selam, Paris
The Kid, courtesy galerie ALB, Paris
Thibault Brunet, courtesy galerie Binôme, Paris
Claire Trotignon, courtesy Bernard Chauveau / Le Néant Éditeur, Suresnes
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Cet article a 2 commentaires

  1. Hadda

    Le kid tient son propos mais pas évident de posséder une telle œuvre sans un environnement adéquate ( nu comme dans une galerie ou en situation avec un mur graffe).
    Le corps animal/léopard est effectivement envoûtant un mélange du comics, de magie….
    Et le tableau de l’intérieur saturé à quelque de familier, rassurant, un peu romancé.
    Pour les crânes je ne suis pas fan au delà du dessin du symbole lui même.
    Merci de nous avoir ouvert les portes.

  2. Anne Malherbe

    Merci pour tes remarques toujours judicieuses, Hadda! J’avoue, j’étais plus enthousiaste à Drawing Now, d’une manière générale.
    A bientôt!
    Anne

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