g-_caillebotte_-_lyerres_pluie Cela fait plusieurs mois que ce «L’Yerres – Pluie » (1875), de Gustave Caillebotte traîne sur le bureau de mon ordinateur. Je me demandais si j’allais le sortir un jour, et puis je me suis aperçue qu’il correspondait pas mal à notre été pluvieux : arbres imbibés d’humidité et grands cercles sur l’eau ; silence et fraîcheur d’une campagne désertée à cause d’un temps maussade. J’ y sens jusqu’au parfum des feuillages et j’y entends le frémissement des gouttes. C’est un concentré de sensations.

Pour nous faire sentir tout cela, le peintre a collé notre nez sur ce morceau de rivière quasiment dépourvu de perspective: les trois plans (terre, eau, arbres) se superposent presque en une surface plane. Il a aussi donné une grande importance aux cercles de pluie, qui sont, en fait, le sujet principal, et qui apparaissent dans leur beauté géométrique.

Ce cadrage, qui permet aux sensations de se concentrer, heurtait les habitudes picturales académiques de l’époque, car le peintre quadrillait la nature d’une manière qui paraissait moins conforme à la réalité que la perspective traditionnelle.

Je trouve cette oeuvre très agréable à regarder. Elle est aussi, aujourd’hui, très réconfortante, grâce à son cadrage, justement — cadrage qui, désormais, ne nous bouscule plus du tout.

C’est un peu l’effet que la pluie peut avoir sur moi: le plaisir de profiter des gouttes fines qui picotent la peau, en sachant que dans quelques minutes, je serai chez moi bien à l’abri.

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