Hier nous étions à l’atelier d’Anne Ferrer : un moment d’abondance, en plein Paris et pourtant bien loin des alignements haussmanniens, au milieu de ses sculptures et de ses dessins exubérants.

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(cliquer sur les images pour les agrandir)

La basse continue de son travail est le dessin — sur des carnets qu’elle remplit en permanence, ou sur feuilles libres — un univers mouvant et riche, en constante métamorphose, où les fleurs deviennent organes humains, pour se transformer ensuite en poulpes, crustacés, branchages, cornes d’abondance. Tout y est élasticité, transparence, liberté d’invention. Ces dessins existent totalement par eux-mêmes, et sont aussi un terrain de recherche pour ses sculptures.

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Nous en avons côtoyé certaines, de ses grandes sculptures sans contours arrêtés, souples comme un poumon qui respire. Elles nous frôlent de leurs excroissances molles. Certaines peuvent faire office de pouf et on s’y love avec plaisir. D’autres laissent pénétrer le spectateur comme au coeur de grandes fleurs. D’autres enfin se portent comme des vêtement. Là encore, ce sont à la fois des sucreries, des organismes marins, des costumes de Carnaval. Avec leur surenchère rose, elles frôlent l’obscène, plus avec malice que par provocation. Elles sont comme notre prolongement, ce sont les renflements de notre propre corps, nos dilatations intérieures qu’on exposerait sans retenue. Je comprends d’ailleurs qu’on puisse se sentir embarrassé face à ces protubérances roses et encombrantes. On est donc ici très très loin de la sculpture qui s’impose sérieusement comme un monument, mais dans une monstruosité aérienne, joyeuse et sucrée qu’on regarde avec gourmandise.
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D’une visite d’atelier comme celle-ci, je ressors allégée, avec toutes sortes d’envies de créativité prolifique.

(Photographies personnelles).
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