Hier s’ouvrait le nouveau millésime de Drawing Now Paris. C’est un moment de la saison artistique que j’affectionne particulièrement: je sais que je vais forcément trouver un certain nombre d’œuvres propres à me plaire. Peut-être parce que dans le dessin il y a quelque chose de souvent intime, direct, et donc chaleureux, qui me permet de m’approprier plus facilement les œuvres. Bref, voici, à chaud et dans le désordre, un aperçu de ma quête.Il y a des valeurs sûres, comme la somptueuse peinture sur papier de Damien Cabanes, sur le stand de la galerie Eric Dupont. Mélange flamboyant de maîtrise et de spontanéité.

Détail d’une œuvre de Damien Cabanes, courtesy galerie Eric Dupont, Paris.

Une suite de dessins à la plume de Valérie Favre, précieux, et stimulants pour l’imaginaire.

Détail d’un dessin de Valérie Favre, courtesy Galerie C, Neuchâtel.

A chaque foire, j’espère trouver, sur le stand de la galerie Claudine Papillon, une œuvre de maille arachnéenne de Gaëlle Chotard. C’était bien le cas. Cela fait partie pour moi des repères dont j’ai besoin pour me sentir satisfaite.

Détail d’une œuvre de Gaëlle Chotard présentée à Drawing Now Paris, courtesy galerie Claudine Papillon, Paris.

J’ai évidemment regardé de près  les points rouges: quelles sont les œuvres parties les premières? Cela m’étonne toujours de voir certains engouements, certains phénomènes de précipitation  autour d’un(e) artiste. Chaque foire dispose ainsi de son petit lot de pots de miel (sur lesquels on se colle comme des mouches). Certains sont justifiés — et persistent. Mais ce n’est pas toujours le cas. Et parfois je m’étonne du manque de discernement des acheteurs.
Dans le genre, il y avait quelques petites œuvres de Karine Rougier, qui m’ont procuré une forte impression de déjà vu… Retravailler des compositions anciennes, avec plus ou moins de pertinence, fait partie des habitudes de l’art contemporain. Bon, celles-ci ne sont pas déplaisantes à regarder. Mais il me semble que si l’on voulait faire une razzia sur un stand, il y avait de quoi faire ailleurs.

Détails d’œuvres de Karine Rougier présentées à Drawing Now Paris 2015, courtesy galerie Baraudou Schriqui, Paris.

Par exemple, avec les grands dessins à la mine de plomb, d’Angélique Lecaille, avec leurs effets de lumière qui tombe en cascade.

Angélique Lecaille, Monument Land, Etude, 2015, courtesy galerie Melanie Rio, Nantes, Paris.

Ou bien encore, avec la série de dessins de Mateo Pizarro, réalisés au crayon sur des pages de l’Évolution des Espèces, de Darwin. Les figures animales, sorties d’un autre temps, ont l’air de se promener de page en page.

Dessin de Mateo Pizarro (détail), courtesy La Galerie Particulière, Bruxelles, Paris, 2015.

Cela faisait un moment que je n’avais pas vu les déploiements colorés de Daniel Zeller. Ils sont toujours aussi minutieux (ce qu’on voit très mal sur mes photos) et, à vrai dire, époustouflants. Ils étaient présentés par la galerie Michel Soskine, de Madrid, qui compte d’autres excellents artistes tels que Russell Crotty.

Dessins de Daniel Zeller (détails), courtesy galerie Michel Soskine Inc., Madrid.

Après je n’ai toujours pas compris pourquoi ce dessin de Puvis de Chavanne se trouvait au milieu d’un salon de dessin contemporain. Bien sûr, comme me l’a expliqué le galeriste (Bernard Jordan), il a l’air particulièrement contemporain. Oui. Mais il n’est assurément pas seul de son époque dans ce cas. Disons qu’il faisait ici figure de curiosité.

Détail d’un dessin de Pierre Puvis de Chavanne, galerie Bernard Jordan, Paris.

Et, sur le stand de cette même galerie, j’ai autant aimé m’arrêter, notamment, sur les gouaches de Philippe Richard (ci-dessous des détails très mal photographiés, pardon…)La particularité du dessin c’est qu’il se prête à la narration. Inviter à se raconter une histoire: telle est l’une des vertus des œuvres de Nicole Wendel, que j’ai découvertes sur le stand de la galerie Graphem.Et, pour finir, un dessin (un détail) de Blaise Drummond (galerie Conrads, Düsseldorf) en dédicace au webdesigner de ce site, qui l’apprécie tout particulièrement.

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Cet article a 9 commentaires

  1. Anne,

    Je vous remercie de nous faire partager cette visite.
    Je vous encourage à continuer cette quête. C’est très frais. C’est “presque comme si” j’avais été à l’exposition

    Michel

  2. Merci pour ce joli voyage…
    Continue dans cette voie car elle te correspond vraiment et c’est aussi très éloquent… Le plaisir transparait dans tout cet article et ton choix des illustrations est très judicieux..
    Merci..

  3. Zeller, Lecaille, Chotard.. Vivement demain ! ***

  4. L’art contemporain reste toujours un mystère pour moi, mais j’aime bien pouvoir m’y plonger de temps en temps grâce à tes ballades artistiques (-;

  5. Bonjour Anne,
    Je ne suis pas à Paris et votre oeil est toujours à l’affut de belles découvertes que nous pouvons ainsi partagé par votre intermédiaire
    avez vous pensé a LOUISE UNGER en voyant le travail de Gaelle Chotard ?
    très bonne visite d ‘ ART PARIS merci de nous faire part de vos coups de coeur.
    JEAN LOUIS

  6. Merci pour vos encouragements, Michel! A très bientôt.
    Anne

  7. Avec plaisir, Béatrice! Merci à toi.
    Anne

  8. 🙂 Tant mieux si je te permets quelques plongées dans l’inconnu, alors!
    Bises à toi.

  9. Oui, vous avez raison, il y a une parenté évidente entre le travail de Gaëlle Chotard (qui est visible depuis plusieurs années, à présent) et celui de Louise Unger. C’est une famille d’artiste que j’apprécie!
    Bien à vous.
    Anne

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