light-pool-2012-huile-et-alkyd-sur-toile-210-x-280cm

Waouh! la surface de la peinture s’enfle et se trouve à deux doigts d’exploser. Telle est l’énergie qui se dégage des peintures de Duncan Wylie: intense. Jamais le monde n’est aussi dévasté ni aussi vivant que dans ses compositions. Chez lui, la vie ne se trouve pas dans les oiseaux qui chantent, ni dans les fleurs qui poussent, ni dans les nouveaux-nés qui babillent, mais dans un monde perpétuellement secoué, où la violence de la destruction est force vitale, dynamisme, émergence, jaillissement, renouveau.
Chacune de ses peintures est faite d’une stratification d’images empruntées à la réalité (images de presse, ou autres — guerres, chantiers, catastrophes naturelles, …). En les superposant, en les combinant, en les creusant, en les déchirant, en les altérant, en les transperçant, il leur insuffle une puissance qui ne connaît jamais le morbide, ni le désespoir ou la mélancolie.

see-through

Quand on parle avec l’artiste de son travail, il insiste beaucoup sur le fait que le chaos apparent de ses toiles est avant tout un chaos “organisé” : j’ai toujours trouvé ce mot bien pépère par rapport à la vigueur de ses compositions. Assurément, ses peintures sont structurées selon une composition très rigoureusement pensée — et, malgré la véhémence de la touche, la part de l’improvisation y est réduite. Finalement, j’ai compris que ce mot d’ “organisé” est plus profond que la simple idée d’une peinture où chaque élément serait bien rangé à sa place. Il désigne plutôt cette logique interne qui fait qu’il ne s’agit pas de décombres lourdement éparpillés mais d’éléments sans cesse susceptibles de se transformer.
Les transparences sont essentielles. Elles révèlent que des scènes prises en différents coins du monde, sont emmenées dans un même souffle, une même énergie, une même dématérialisation. Les gravats symbolisent ici un état à la fois explosif et transitoire du monde — un mouvement incessant.

Images: Light Pool, 2012, huile et alkyd sur toile, 210 x 280 cm; See through, 2012, huile et alkyd sur toile, 200 x 275 cm. © Duncan Wylie, Courtesy JGM. Galerie

 


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Cet article a 3 commentaires

  1. J’aime beaucoup ce qu’il fait, il fait partie des artiste dont j’aimerai bien rencontrer l’univers un jour.

  2. Merci pour ton commentaire, Tristan. Je me sens honorée que ce soit toi qui inaugures les commentaires de ce blog!
    Je vais faire en sorte que ton souhait de rencontrer l’univers de Duncan se réalise bientôt! Bises

  3. Hop, je clique sur “humeur du jour” et me voilà sur ce tableau…Ca correspond exactement à ce que je ressens et je vis en ce moment. Un foisonnement, un fouilli en surface. Le fruit d’une superposition de tout un tas de choses. En même temps, quelque chose qui se structure et s’organise en dessous. C’est toujours dense, parfois lourd et pénible mais tellement colorés et enthousiasmant quand je me dépêtre de la lourdeur et du passé qui colle aux baskets.
    Trop bien, ça me donne le sourire. J’ai râté la visite de cet atelier je crois, mais quand il y en aura une autre, je suis partante!

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