Hier des personnes bien intentionnées et passant par Paris me demandaient quelle était l’exposition à voir … “Warhol”? trop connu … “Kandinsky”? trop vu … “la Force de l’art”? euh …on en reparlera!…

Moins médiatique que les grandes expositions, et donc sans file d’attente, sans billet à acheter, et sans l’épuisement dû aux longues heures pendant lesquelles toute exposition de musée nous fait piétiner, il faut aller voir les sculptures deEric Fishl à la galerie Daniel Templon.
Rien n’est plus simple: il suffit de se rendre au 30 rue Beaubourg, de pousser le bouton qui ouvre la lourde porte de bois (pas de code en journée), de marcher jusqu’à l’arrière cour, de mettre sa timidité dans sa poche et d’entrer.

Et là c’est simplement magique.

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Ten Breaths (“Dix respirations”) est un ensemble de groupes sculptés. Des figures de résine ou de bronze traitées de telle manière qu’on a l’impression qu’elles sont en terre, voire qu’elles sortent tout juste de la matière, marquées par la main de l’artiste — qui nous redonne ainsi le goût d’oeuvres qui paraissent à la fois instinctives et charnelles.
Ce sont des corps qui chutent, qui dansent, qui s’éprouvent les uns les autres. Elles portent sur elles le drame de l’homme limité par la gravité terrestre: face à elles on pense aux moulages des corps retrouvés à Pompéi.
Mais aussi, comme La Petite Danseuse de Degas, ces corps ont la beauté de tout ce qui s’ancre profondément dans la matière. Ils nous ramènent à l’immédiateté du corps et à sa puissance.
L’éclairage de l’espace crée autour des sculptures un théâtre d’ombres. On entend presque les sculptures respirer.

C’est bon, quand l’art contemporain descend de son perchoir et ose nous offrir de la beauté.

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(Images: Eric Fischl, Ten Breaths, Congress of Wits, 2007-2008, courtesy Galerie Daniel Templon)

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