mais sans les images, car j’ai oublié d’emporter de quoi prendre des photos … Pour une fois ce sera donc juste un texte .

Ce que j’apprécie à la Fiac, c’est le rassurant retour du même : les carrés de Carl André qui, décidément, feraient bien sur le sol de mon entrée, le Soulages, à peu près dans la ligne de mire du visiteur qui entre dans la foire, quelques champignons rouges et blancs à petits pois de Yayoi Kusama, pour la ponctuation Pop, et puis, pour la pause, un Bill Viola méditatif accroché dans un coin. Bref, la Fiac a des propriétés sédatives : depuis un an, la terre n’a pas tremblé, enfin, pas dans le monde de l’art.

Il n’empêche: la Fiac, c’est un bain de vraies œuvres — c’est-à-dire des œuvres que, le reste de l’année, je passe à voir en reproductions — ce qui remet à l’heure mes pendules internes.

Voici donc ce que je retiendrai:
la tête d’oiseau de Jean-Luc Verna, la jeune femme aux longs cheveux bruns de Rineke Dijkstra, Miriam Cahn et ses peintures vaporeuses, une sculpture neo-classique, qui pleurait d’un seul œil, de Francesco Vezzoli, l’eau noire faite parallélépipède, d’Ann-Veronica Janssen, un petit Martial Raysse merveilleux (une houpette en place d’oeil, une bouche esquissée mordant un collier de perles), les dessins fiévreux d’Alina Szapoczinokov, un Robin Rhode avec un compas qui danse autour d’une main, deux Lüpertz rudes et terriens, ah, et puis deux œuvres à motifs végétaux si exacts de Christiane Lhör.

Bien entendu, au milieu de tout cela, j’ai manqué trébucher contre des parpaings posés au sol (je n’ai pas noté le nom de l’artiste qui est à l’origine de l’attentat). Et puis, lorsque j’ai repéré pour la troisième fois l’un des “tambours” de Latifa Echakhch (encre indienne noire sur tondo de toile), je suis revenue sur mon intérêt initial à son égard. Le stand de la galerie Balice Harling ne m’a guère inspirée non plus, il faut croire, car dans mon carnets, j’ai noté : “les tessons, les lampions, les mégots”.

Sinon, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans un coin de la galerie Miguel Abreu, il y avait un dessin à l’encre de l’américano-iranienne Raha Raissnia. Je ne connaissais pas. J’ai trouvé ça très beau. Pour la peine, voici une image (bien que ce ne soit pas l’œuvre qui était accrochée):

19_RRaissnia_Aniso_2013_24x34in_RR1078

(ps: pour ceux qui auraient pris, par hasard, des photos de ce dont je parle, je suis très volontiers preneuse, et je les remercie d’avance d’avoir la gentillesse de me les transmettre.)
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