Je profite de la tranquillité de ces journées d’août pour passer en revue les magasines d’art que je n’ai pas pris le temps de lire au cours des mois passés. C’est ainsi que, dans le art press d’avril, je suis tombée sur un article au sujet de l’artiste suédois Jockum Nordström (voir ici et  des exemples de ses oeuvres). L’auteur, Anaël Pigeat, y décrit précisément sa méthode de travail.
Souvent, même si l’on n’est pas artiste soi-même ou qu’on pratique une discipline d’un autre genre, les méthodes de travail des artistes sont inspirantes. Celle-ci, en particulier, m’a beaucoup parlé. Aussi ai-je eu envie de la partager avec vous (en citant directement un extrait de l’article).
Pour ma part, j’aime les idée de maturation et de stratification qui s’en dégagent: tout ce temps nécessaire à l’élaboration d’une oeuvre dont la technique, pourtant, peut apparaître comme très simple; temps nécessaire pour que les vibrations de l’oeuvre achevée résonnent  de la manière la plus exacte possible. Qu’en dites-vous?

Dans son petit atelier (…) Jockum Nordström est entouré d’images, de livres, d’objets. Pendant quelques semaines, il découpe, dans des papiers d’épaisseurs variées, des hommes, des femmes, des arbres, des chiens, des chevaux, des singes, ou des objets indéterminés (…). Vient ensuite le temps de la peinture. Comme Matisse, Nordström peint ses papiers à la main, mais il ne découpe pas à vif dans la couleur; celle-ci vient chez lui après la forme. Il peint tour à tour des costumes, des pelages, des écorces, mais aussi des fonds, comme une méditation, en nombreuses couches qui sèchent lentement, parfois jusqu’au noir. Les éléments les plus réussis sont conservés dans une sorte de banque d’images — il refuse d’utiliser l’ordinateur. Et les autres sont simplement jetés sur le sol de l’atelier et forment une sorte d’humus de sa création. Arrive enfin le temps de l’assemblage de différents éléments, sur un ou souvent plusieurs fonds superposés. (…) Le moment du collage à proprement parler est le plus délicat: “C’est terrible; il faut une extrême précision”. Nordström décide alors que les pieds d’une dame se décolleront légèrement, que la branche d’un arbre flottera dans le vent, que la main d’un guitariste sera libre de battre la mesure: minuscules sculptures à la surface de la toile, qui déploient leurs ombres et leurs vibrations. 

(Image de couverture: Jockum Nordström, Groaning (détail), 2010, collage, aquarelle et graphite sur papier, 70 x 100 cm, courtoisie Anthony Meier Fine Arts Gallery, San Francisco, et l’artiste)

 

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