article initialement prévu pour la revue Univers, écrit en août 2008.

On a pu voir, lors du dernier Parcours Saint-Germain, des œuvres de Laurent Pernot exposées dans la boutique Dior. On aura voulu alors s’arrêter devant cet univers silencieux et suspendu, que le va et vient de la boutique ne permettait pas aisément de sentir.

Laurent Pernot est un artiste de moins de trente ans, à l’imaginaire onirique et épuré, habité de personnages androgynes, fantomatiques, à mi-chemin entre ciel et terre.

The Uncertainty of stars, par exemple, est une installation faite d’un rideau de perles sur lequel s’écoule, grâce à une projection vidéo, une chute continue d’étoiles. De temps à autres surgit une apparition lumineuse et bondissante qui n’a pas plus de consistance que la persistance d’une image rétinienne. Le titre vient du phénomène physique de la survie d’une étoile, qui tient au juste équilibre entre une force de gravité et une force d’explosion.

L’univers de Laurent Pernot se nourrit ainsi de l’interrogation sur les frontières entre réel et le rêve, l’imaginaire ou le néant. Le Quid, film d’animation en 3D, tire son nom de ce rayon lumineux qui, si l’on en croyait les pythagoriciens, sortirait des yeux pour permettre la vision. Les yeux-torches du héro captent le reflet tremblant de la lune dans une flaque pour le projeter sur l’astre lui-même. Que voit-on : projection ou réalité ? Et le rôle de l’artiste n’est-il pas de nous faire vaciller de l’un à l’autre ?

Laurent Pernot donne corps à des rêveries métaphysique. Elles pourront s’incarner en voilier, comme dans la vidéo interactive Chronorama où le navire surgit, blanc incandescent, lors du passage du spectateur, occupant aléatoirement tout l’écran ou restant à l’état de tache lumineuse à l’horizon sous la voûte illusoire du cosmos.

 

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