Il y a quelques temps, j’ai eu une grosse sinusite. Pendant quelques jours, j’ai été vraiment mal, fiévreuse, dans l’incapacité totale de respirer normalement, la gorge en feu, et  avec quelques nuits blanches derrière moi. Du coup, je n’avais plus goût à grand chose et le moral un peu bas.
Cependant, j’avais une visite d’atelier à faire et comme les personnes que j’accompagnais venaient de loin, je ne voulais surtout pas annuler à la dernière minute. Et puis quelque chose me disait qu’il fallait que j’honore cette visite…

Je suis arrivée au ralenti, complètement dans les vap’. Et puis, progressivement, je me suis branchée sur les oeuvres qui m’entouraient, finies ou en cours, sur leurs couleurs, leur énergie. Et j’ai senti doucement la vie qui revenait.
Les visiteurs sont arrivés aussi. Le fait d’être fatiguée m’obligeait à économiser mon énergie, à rester posée, à n’exprimer que ce qui me paraissait essentiel et juste d’exprimer à ce moment-là. Si bien que la communication s’est établie de façon fluide et paisible.

J’étais dans cette bulle formée par les visiteurs, l’artiste, les oeuvres, et notre échange. Rien ne parasitait — aucune pensée, aucune agitation superflue. C’était extrêmement régénérant

Lorsque la visite fut terminée, ma sinusite était encore bel et bien là, mais moi, j’étais bien, j’avais retrouvé mon rythme et mon entrain. Je me sentais de nouveau à ma place

Ce jour-là, j’ai eu la confirmation de la raison pour laquelle j’aime faire entrer des personnes dans les ateliers d’artistes : parce que l’atelier est un lieu qui me régénère et où, nécessairement, je ne peux que transmettre ce bien-être. 

iris-troiana.jpg!Blog

(Albrecht Dürer, Iris Troiana, 1508)

 

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Cet article a 1 commentaire

  1. Je comprends bien ce que tu as vécu car j’étais repartie complètement reboostée et pleine d’envies créatives suite à celle à laquelle j’avais assisté.

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