Lorsque je suis allée voir l’exposition de Katia Bourdarel, début novembre, on était au beau milieu de l’automne et l’atmosphère n’était pas très joyeuse. A vrai dire, je ressentais, plus que d’habitude en cette saison, une tristesse profonde qui se glissait partout, et de vieux lambeaux de vie qui, sans cesse, se détachaient de moi et des choses, de façon lourde, douloureuse et parfois violente.

Comme toujours, les artistes m’aident à passer les états difficiles. Sans doute parce qu’en mettant sous mes yeux ce que je ressens profondément, ils me permettent de le regarder vraiment et sans détour. Traduit de manière sensible, mis à portée de mes sens, cet état cesse d’être obsessionnel, et je peux alors le traverser en douceur.

C’est ainsi que les peintures de Katia Bourdarel m’ont permis de franchir les eaux glauques de novembre.

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Je ne montre ici qu’un tout petit bout de cette exposition, que j’ai trouvée très belle.
L’artiste peint sa fille, qui est une adolescente, presque une adulte, traversant dans une semi-inconscience quelque chose comme le fleuve de la mort. La sensualité de ces portraits est si grande qu’elle enlève tout ce que le sujet pourrait avoir de macabre. Au contraire, on comprend en les voyant qu’il faut s’abandonner à ces eaux lourdes et les goûter sans retenue, afin d’en réchapper et d’en sortir transformé.

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(Les eaux dormantes 3, Les eaux dormantes 2, détail, et Les eaux dormantes 1, 2012, courtoisie Katia Bourdarel et galerie Eva Hober, Paris)
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Cet article a 2 commentaires

  1. j’aime beaucoup ce que tu dis et la deuxième image est juste magique

  2. Merci Hadda! je suis très flattée que tu apprécies… Et heureuse que tu aimes ce travail.

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