Marielle Degioanni, Agathe, 2016. Perforations et aquarelle sur papier, 18 x 26 cm. Courtesy de l’artiste et galerie Da-End, Paris.

Marielle Degioanni pique la feuille à petits coups d’aiguilles serrés. La succession de ces minuscules reliefs dessine des entrelacs végétaux, des nervures, des cheveux. Selon les cas, on pourrait dire qu’ils relèvent de la broderie, de l’acupuncture, du nuage de particules. Blancs sur blancs, ils révèlent la présence du papier et le transforment en surface organique. Souvent, ils sont prolongés par l’aquarelle, rose pâle, liquide, avec une pointe de rouge vif. Evocatrice d’attributs féminins, l’aquarelle contribue à l’érotisation des œuvres.
Suspendue au milieu de la page, chaque composition apparaît comme la cristallisation momentanée d’un fluide. Elle semble surgir de la brume, comme si elle était l’émanation du vide, une floraison venue de profondeurs vacantes. Elle contient en elle beaucoup d’antinomies : douleur des piqûres et douceur du trait, froideur du blanc et ouverture chaleureuse des formes, réserve de l’espace et présence du rouge. On dirait que l’artiste met un peu de sa propre chair dans chacun d’entre eux.

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