Nobuko Murakami, Instrospection mauve, 2014

Nobuko Murakami récupère des objets qui, pour la plupart, viennent de l’univers de la cuisine : dessous de plat à tarte, passoire, écumoire, fouet. Et elle les gaine d’une enveloppe colorée, faite au crochet. Elle leur greffe aussi de minuscules objets : débris de plastiques, bouts de tissus, pièce de vélo, et aussi des fleurs ou des étoiles en papier qu’elle confectionne elle-même. Tout cet attirail a quelque chose d’enfantin : les objets de cuisine sont vieillots et les fragments multicolores qui les ornent semblent sortis de boîtes à trésor. De tout cela, Nobuko Murakami fabrique un monde enchanté. C’est un univers domestique, sorti de l’imagination d’un enfant regardant une grand-mère cuisiner.
La maison d’enfance de l’artiste hante ses réalisations. Ombreuse, cette demeure japonaise traditionnelle possédait des trésors, telle cette mue de serpent conservée dans une boîte, en guise de talisman. Dans la dernière exposition de Nobuko, cette mue se transforme elle-même en serpentins colorés qui s’échappent de boîtes-reliquaires et gagnent les murs. L’artiste brode le quotidien. Littéralement, elle brode dessus, comme lorsqu’elle utilise le temps d’un voyage pour recouvrir une couverture de livre d’une dentelle de dessins. Mais elle le brode aussi, construisant ce monde parallèle dans lequel elle nous invite à évoluer.

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