(English translation below)

Voici quelques exemples parmi les dizaines de crânes réalisés par Philippe Pasqua. Certains sont de véritables crânes, recouverts de matière précieuse (feuille d’or) ou bien plongés dans du bleu Klein. D’autres présentent une finition chromée. Tandis que d’autres encore ont été coulés dans le bronze. Dans ce genre, il y en a de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les matières — avec quelques variations dans les finitions.

Si je parle des crânes de Philippe Pasqua, qui remontent déjà à quelques années et autour desquels l’engouement s’est tout de même ralenti (le marché a fini par être saturé, et les modes passent), c’est parce qu’il s’agit d’un exemple fort parlant d’un phénomène particulièrement agaçant de l’art contemporain.

Généralement, entre les collectionneurs et une œuvre, il se passe quelque chose comme une histoire d’amour. Du moins cela devrait. S’ils achètent une œuvre c’est parce que c’est celle-ci et pas une autre. Mais ceux qui ne se sentent pas à l’aise dans le métier délicat de collectionner et se raccrochent aux branches comme ils peuvent, et surtout ceux pour qui l’art n’est pas autre chose qu’un moyen de reconnaissance sociale, ceux-là cherchent avant tout à posséder la même œuvre que le voisin.

Certains artistes utilisent très bien ce phénomène, ainsi Philippe Pasqua. En mettant au point ses sculptures de crânes aux papillons, il a fait preuve d’une très grande habileté. Il a choisi un motif, le crâne, qui donne au collectionneur l’impression d’acheter quelque chose de transgressif (en particulier lorsque ce crâne est recouvert de cuir tatoué). Qui lui donne aussi l’impression d’acheter quelque chose de profond. (S’il y a tant de crânes dans l’art contemporain c’est parce que les artistes pensent trop souvent eux aussi que c’est profond et transgressif).

A ces crânes, Pasqua a rajouté des papillons. Il ne pouvait pas trouver mieux. Les papillons, c’est plus glamour que les mouches (utilisées par Damien Hirst) ou les scarabées (employés par Jan Fabre). Posés sur le crâne, ils ajoutent l’ultime touche de raffinement qui manque au crâne, tout en restant dans la tonalité de la vanité. Rajoutons également qu’il y a dix-quinze ans, on voyait des papillons partout dans l’art contemporain. Crâne et papillon réunis : on ne pouvait pas mieux trouver, si on voulait être dans la tendance.

On doit donc reconnaître à Philippe Pasqua d’avoir fait un coup de génie. Parce que, pour des personnes qui ne connaissent l’art que de loin (espérons d’ailleurs que ce ne soit que pour elles), ces « crânes au papillon » sont un concentré de signes extérieurs de l’art contemporain, c’est-à-dire de la combinaison transgression + luxe.

Ils rappellent aussi d’autres images choc de la création contemporaine (pour ne pas dire qu’ils les plagient), comme les crânes de Damien Hirst ou ceux de Jan Fabre et, par ailleurs, les peaux tatouées de Wim Delvoye. Mais si les acheteurs ont en tête ces autres images (en arrière-fond subliminal), ils ne se sont pas rendu compte à quel point le concept qui sous-tend l’œuvre de Pasqua est faible à côté des autres. (Si l’on peut parler de concept quand il s’agit de créer quelque chose qui serait en quelque sorte un logo pour l’art contemporain).

C’est ainsi que beaucoup de gens ont acheté du Pasqua en première(s) acquisition(s). Ou, pire, n’ont acheté que cela. C’était leur geste contemporain. Le signe de reconnaissance qui clame, au milieu du salon : « moi aussi je connais l’art contemporain ».

A chaque nouvelle exposition, Pasqua pouvait donner l’impression de créer du neuf en modifiant quelque chose à ses crânes (par exemple en les engluant dans une peinture débordante). Alors que la machine à fabriquer des crânes ne cessait jamais de tourner, ceux qui avaient acquis des crânes des toutes premières séries pouvaient en tirer orgueil (il faut bien se raccrocher à quelque chose, pour avoir l’impression de ne pas être complètement moutonnier).

Il faut dire aussi que là où Pasqua est malin, c’est qu’il pratique également la peinture, des portraits dans un style expressionniste, de très grand format, qui ne peuvent qu’impressionner les non-connaisseurs. Ses peintures lui offrent une caution artistique qui évite à ses crânes de passer au rayon design (où ils seraient beaucoup moins cotés). En revanche, certains collectionneurs ont pu regretter d’en avoir acquis le jour où, s’informant davantage, ils ont découvert, par exemple, Jenny Saville et se sont rendu compte que le premier n’est que la pâle copie de la seconde.

Bien entendu, tout le monde ne s’est pas laissé prendre au piège: il y a ceux qui ont simplement flairé le bon coup, compris à quel point ces crânes relevaient de l’attrape-nigaud et pour qui, acquérir du Pasqua au bon moment, c’était pouvoir s’assurer une revente très juteuse peu de temps plus tard.

Devrait-on s’en ficher que tant de personnes se soient laissé prendre au phénomène Pasqua, puisque c’est leur affaire ? Non. Quand on décide de soutenir une création artistique, il faut savoir pourquoi on le fait : par besoin de reconnaissance ou par amour de l’art. Et le manque de discernement dans le choix d’une œuvre, au point où il est arrivé avec le phénomène Pasqua, est simplement inacceptable.

Que des personnes qui ont les moyens d’acheter de l’art ne prennent pas un peu plus leur responsabilité, ne cherchent pas davantage à s’informer, se laissent prendre au piège à cause de leur simple peur de manquer quelque chose, c’est stupide mais c’est surtout nuisible à la création. Car si le phénomène Pasqua a fini par retomber, il y aura évidemment d’autres phénomènes du même genre, qui occultent les créateurs qui en valent la peine.

Alors, à vous qui avez envie d’acheter une œuvre d’art contemporain juste parce qu’elle semble avoir tous les atours de l’art contemporain, pensez simplement à vous informer d’abord.

Here are a few examples among dozens of skulls by Philippe Pasqua. 

Some are real skulls, covered in precious materials (gold leaf) or plunged in Klein blue. Other have a chrome finish. Others have been cast in bronze. They exist in every size, every colour, every material, with a few variations in the finishing touches. 

I am using Philippe Pasqua’s skulls as an example, although they are a few years old already, and the craze for them is somewhat abating : fashions don’t last, and the market is now saturated. But they are a good example of a phenomenon in contemporary art which I find particularly irritating. 
 
Generally, something close to a love story happens between a collector and an artwork. At least, it should. When collectors buy art, it is an individual choice: this work, no other one. But some are ill at ease in the delicate business of composing a collection and they cling to the straws they can find. I’m thinking above all of those for whom art is nothing more than a means to social recognition, and whose main desire is to have the same work as their neighbour.  
Some artists are particularly skilled at exploiting this phenomenon, like Philippe Pasqua. His device of skulls ornamented with butterflies is very clever. For the collector, it combines the transgressiveness of the skull (especially in cases where the skull is covered with tattooed leather) with depth of thought – if there are so many skulls in contemporary art, it is because artists too often think that they are transgressive and deep.  
To the skulls, Pasqua has added butterflies. Unbeatable. Butterflies are far more glamorous than flies (used by Damien Hirst) or beetles (Jan Fabre). They put a finishing touch of refinement to the skull, while fitting perfectly the tone of the vanitas. Let us also remember how skulls were everywhere in contemporary art fifteen years ago. Skulls and butterflies : the perfect combination for trendy contemporary art.

It is undeniable that Philippe Pasqua had a genius idea. Because most outsiders to the art world (and let’s hope they were made for this public only) will take these “skull with butterfly” for a condensed sign of contemporary art, that is, a combination of transgression and luxury. 

They are also reminiscent of some shockers of contemporary creation (not to use words like plagiarism), like the skulls of Damien Hirst or those of Jan Fabre, as well as the tattooed skins of Wim Delvoye. But if the buyers had theses images in mind (in a subliminal way), they did not realize how weak the concept that runs through he works of Pasqua is – if concept is the right word for something that could somehow stand for the logo of contemporary art. 

So many new collectors bought some Pasqua at the start of their collection. Or worse, they only bought Pasqua. It was their contemporary art gesture. The sign of recognition exhibited in their drawing room to proclaim loudly : “I , too, am a contemporary art lover”. 

With each new exhibition, Pasqua was able to give the impression that he was creating new works by modifying something to his skulls, for instance, by pouring overflowing paint onto them. The skull-making machine never stopped, and those who bought the first skulls of the first series could feel proud of their early interest – you always need a reason to feel special when you are doing the same as everyone else. 

What is also very smart about Pasqua, is that he paint too, expressionist portraits in very big formats, very impressive to any one who does not know better. His paintings offer an artistic justification that prevent his skulls from ending in the design section, where they would be much less expensive. But some collectors may have regretted their choice, for instance, the day when they discovered the painting of Jenny Saville and realized that his is a pale imitation of her work. 
Of course, not everyone fell into the trap : some have simply understood the profit they could make from  these hoaks and from buying a Pasqua at the right time, to sell it not long after with a juicy profit. 
Why bother that so many people were the victims of the Pasqua phenomenon? Isn’t it their business after all? 
I don’t think so. When a collector chooses to support the creations of an artist, it is important to know why he or she does it : for social recognition or for the love of art? And the inability to have your own vision when choosing art, to the point reflected in the Pasqua case, is just unacceptable.  
The fact that people who have the means to buy art do not take their responsibilities, do not gather more information, fall into the trap because of their fear of missing something is not only stupid. It is above all bad for creation. Because when a phenomenon like Pasqua is on the wane, others appear, and diminish the visibility of creators who are really worth it. 
So, if you feel like buying contemporary art just because it looks like contemporary art, please take the time to look around first. 
(Traduction: Ludmilla Barrand <ludmilla.barrand@gmail.com >)
Philippe Pasqua, Crâne, bronze chromé.
Source image
Philippe Pasqua, Vanité, crâne en résine recouvert de feuilles d’argent et papillons, 2009.
Source image
Philippe Pasqua, Vanité, 2011
Source image
Philippe Pasqua, peinture
Source image
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Cet article a 36 commentaires

  1. Hadda

    et bien ça c’est du positionnement et d’ailleurs les crânes sont devenus des objets de design trouvable à tous les prix dans n’importe quel genre de magasin

    si j’en achète un et que je le customise, et que je dis c’est de l’art, je pourrais le revendre…qui sait

    non pour parler plus sérieusement, l’idée de départ était intéressante mais la répétition à outrance laisse un drôle de goût

    et les crânes ont toujours traversé l’histoire de l’art, ce n’est pas que contemporain, j’ai en mémoire des œuvres accrochés au Louvre

    et par exemple lors de l’expo Haïti au grand palais, ils étaient aussi présents en tant que représentation d’une réalité culturelle pas d’un effet de mode

  2. Marjolaine Degremont

    Très bonne critique, lucide et sans complaisance sur ce qui se passe depuis quelques années dans l’art dit contemporain ! Bravo !

  3. Galy Jacqueline

    Juste! L’art du petit malin est de ne pas faire de l’art, tout en faisant semblant d’en faire et du meilleur. Le crâne a l’intérêt de s’insérer
    dans une tradition prestigieuse qui donne du poids à votre prétendue nouveauté. Il suffit donc de quelques moyens simples, tels que
    l’alliance oxymorique du mort, le crâne, et du vivant, le papillon (dont on sait de surcroît que la vie est brève, ce qui redouble l’opposition entre le bref éclat de la beauté et l’éternité de la mort figurée par le crâne) pour que vous passiez pour un artiste qui pense.

  4. thibault laget-ro

    Le propos est plaisant mais finalement pointe à mon sens, sa propre limite. Si son oeuvre (de Pasqua) n’a que peu d’intérêt pourquoi encore en parler dans un billet ?
    En réalité, la perversité de ce monde et par extension, celui de l’art contemporain est très profonde puisqu’elle pousse à débattre de ce qui ne devrait même pas l’être et donne, in fine, raison à ceux qui font la mode.
    Ainsi, revient encore et toujours cette fichue “mode” que l’on aimerait tant voir disparaître au profit des “indémodables” qui feront les piliers de l’art de demain… Oui mais voilà, il y a des modes qui restent, s’installent et perdurent pour devenir Histoire et Mouvements.
    Les Nabis, les Futuristes, le Pop art, le Street art… n’étaient-ils pas des modes ? Le peintre américain Gene Davis, à l’origine de la Washington color school et ses “color field painting” (fin 1950), n’était-il pas une mode que tous les “jeunes artistes prometteurs d’aujourd’hui” ne s’empressent de (re)copier aujourd’hui (souvent sans même savoir) ?
    On ne peut donc pas reprocher aux suiveurs de suivre, comme l’on ne peut reprocher aux artistes de copier, recopier ou s’inspirer où alors, c’est l’entièreté du système qu’il faudrait changer. Et changer pour quoi ?
    Malgré tout, je partage infiniment votre avis sur l’intérêt de s’intéresser au “concept” (bien que le mot ne me plaise pas beaucoup) de l’artiste, de le soutenir et d’acquérir son oeuvre lorsque l’émotion et la passion son là. C’est peut-être ici, finalement, que tout se joue: Ceux qui achètent de la décoration estampillée “ART” et ceux qui achètent de “L’ART” pour habiter leur intérieur.
    Une distinction au coeur de toutes les modes, de toutes les époques…

    Bonne journée
    Thibault

  5. Anne Malherbe

    Pasqua sert ici avant tout d’exemple flagrant à un phénomène qui se reproduira avec d’autres, comme je le dis à la fin de l’article.
    Le problème n’est pas la mode en soi, ni le fait qu’il y ait des suiveurs.
    Mais, avant tout, le manque cruel de discernement — lié à un phénomène de mode — qui fait que l’on a investi financièrement massivement dans un artiste (il suffit de regarder les sommes atteintes par Pasqua en salles de ventes il y a encore deux ans de cela) au détriment d’autres.
    En outre, Pasqua, selon moi, n’est pas seulement un suiveur: ce qu’il fait est à la limite du plagiat. Chose dont je ne parlerais pas s’il n’y avait eu un tel phénomène d’engouement aveugle autour de cet artiste. Et quand je dis que c’est retombé, ce n’est pas totalement le cas.

  6. Marie

    Bonjour Madame Malherbe,
    je ne comprends pas cette critique qui dézingue à priori le travail d’un artiste…
    Je ne suis pas spécialement fan de Pasqua, il ne me fait ni chaud ni froid même… et les crânes, je m’en fou aussi….(enfin ça dépend lesquels)
    Mais lui avez-vous demandé à ce monsieur pourquoi il a eu sa période crane et papillon?

    Parce que si l’on commence comme ça, il y en aurait pleins des artistes à mettre en avant et à “critiquer” parce que ils utilisent la représentation du crâne (et ne parlons pas du combo crâne pour papillon… le summum selon vous)
    Avouez, vous n’avez pas pu revendre si cher que vous le pensiez sa dernière sculpture crânienne que vous aviez acquérit? (gentil humour n’y voyez rien de méchant) 😉 (non parce que j’ai l’impression qu’il vous a bien enervé ce Pasqua)
    Très de plaisanterie…
    Perso, je pense que oui, un crâne peut être perçu par quiconque, même un artiste tient comme profond et transgressif ! et je souhaite que ça le reste pour toujours, car on parle ici de vanités, de notre lien à la mort et que c’est un sujet qui risque de nous passionner pendant de nombreuses années aussi! et tant mieux! l’inconnu….
    Si vous voulez mon avis qu’on ne demande pas mais je ne peux m’empêcher, il faut voir les choses en face, crâne ou pas crânes, pasqua ou pas, papillon ou poulpe (avez-vous remarqué comme le poulpe est à la mode?), beaucoup de collectionneurs / acheteurs appelez les comme vous voulez mesurent leur achats au gain qu’ils pourraient en tirer à la revente, à la spéculation, et non pas au coup de coeur…
    Alors franchement, écrire pour “casser” un artiste parce qu’il a repris des crânes comme des centaines autres, je trouve ça triste, peut être cela fera baisser un chouillat sa côte qui sait…c’est toujours ça de gagner 😉

    Une artiste triste de voir comment se comporte le marché de l’art, excessif, pour millionaires et autres hommes (parfois) sans coeur… (mais qui ne fait pas trop de crâne) (ouf)

    ps: Plagiat et mode ont toujours été tendance dans l’art en général, comme dans tout d’ailleurs, et peu importe les époques, c’est le lot de l’art et de la création…… mais crane ou pas, la pomme du marché de l’art en 2015 reste pourrie non? (et on peut en parler sans s’acharner sur une seule personne…..)

  7. Bertrand

    il me semble dommage de tout mélanger. Pasqua n est pas un artiste conceptuel mais c est un bon peintre. Dire qu il copie Jenny Saville, c est un peu léger. Comme si c était simple de peindre. Je trouve que sur ce point il a du talent. Appartenir à un même style d artiste n en fait pas un sous artiste. Alex Kanevski est aussi un peintre qui rappel par certain aspect Saville…
    Il y a plein de points sur lesquels je suis en accord dans cet article mais pas sur la peinture.

  8. Caroline Henry-Jonquères

    Tout d’abord, chère Mme Malherbe, conseillère en Art contemporain, à ses heures, je tiens à vous remercier pour la belle occasion que vous me donnez là de répondre à votre « blog ».

    Pourquoi reprocher si violement à Monsieur Philippe Pasqua d’avoir lui aussi exprimé à sa façon à travers son œuvre singulière le thème de la mort.
    Ajoutons en passant, aux deux, trois artistes que vous connaissez, quelque noms d’artistes qui méritent d’enrichir votre présentation pour le moins succinte: Le Caravage, Zurbaran, Goya, Jean Simeon Chardin, Pablo Picasso, Georges de la Tour, Giacometti, , pour ne citer qu’eux…
    Décidément, de nombreux plagiats nous direz vous encore …
    Il n’est donc pas le seul (Monsieur Philippe Pasqua) à avoir représenté la mort par la grâce d’un crâne, qu’il a choisi d’agrémenté de papillons pour souligner ce qu’est la « Vanité », sa vanité a lui.
    Faut il vous rapporter cette maxime : « Vanité des Vanités, tout est Vanité », méditation sans cesse renouvelée sur la mort et le temps qui passe.

    Vous papillonnez lourdement sur l’idée stupide de certains d’affectionner et d’acheter une œuvre de l’artiste Philippe Pasqua que vous décriez.
    C’est votre choix de ne pas le reconnaître, l’apprécier mais en tant que personne tournée vers l’Art, vous vous devez de respecter la liberté de choix et ne pas sous estimer la culture propre de chacun.
    Comment pouvez vous vous permettre de penser que l’achat d’une œuvre est infondée et répond uniquement au culte de la reconnaissance d’une certaine société, celle du luxe !
    Il me semble que chacun d’entre nous a le droit d’acheter ce que bon lui semble, afin d’embellir son salon ou ses chiottes !
    Doit-on faire appel à quelqu’un qui se proclame conseillère en Art contemporain, pour pouvoir être reconnu collectionneur et capable d’acheter de l’Art contemporain… le vôtre ?

    La critique que vous faites de l’artiste est plus un jugement impitoyable sur une société de personnes qui ne répondent pas à vos critères et que vous jugez incultes en matière d’Art.
    Je doute fortement que vous ayez déjà rencontré quelqu’un, propriétaire d’un Pasqua, qui vous ai expliqué que la raison pour laquelle il a décidé d’acheter cette pièce est : PARCE QU’IL EST UN MOUTON !

    Madame Malherbe est une crâneuse, bien que collectionneuse !
    La prochaine fois qu’elle papillonnera sur son blog il serait bon qu’elle s’informe, même si son curriculum vitae est impressionnant (mes, ma, je, moi), quelques lacunes paraissent. Ne vous en déplaise.

  9. Fabrice Leleu

    Bonjour
    Je trouve votre article très intéressant car il nous invite à réfléchir sur la nature de l’art contemporain et sur les mécanismes à l’oeuvre dans notre société autour de ce phénomène. Je ne suis moi meme pas un spécialiste de l’art alors que votre position est reconnue, aussi ce que j’écris ne doit etre lu que comme illustrant ma propre opinion, et non comme une critique de votre travail, ce à quoi que je ne saurais m’autoriser. Vous semblez regretter dans votre texte qu’un artiste bidon se soit fait des fortunes en vendant à la chaine des oeuvres qui ne témoignaient pas d’une réelle réflexion sur plan artistique. En cela, vous posez les problèmes de l’authenticité de l’oeuvre et celle du plagiat, soulevés souvent par les néophytes à coup de péremptoires ” Ce n’est pas de l’art, c’est de la m…”, ou encore “Ca, Untel l’a déjà fait il y a quarante ans”… Mais ce qui parait vous attrister bien d’avantage, c’est que le marché de l’art se soit fourvoyé en accordant du crédit à ces pseudo oeuvres, soit par un engouement aveugle lié à l’effet de mode, soit par paresse d’interroger l’artiste sur les fondements de son propos, ou pour ne passer à coté d’un phénomène majeur, ou encore par simple calcul vénal.
    Ce qui m’étonne, à vous lire, c’est lorsque vous dites qu’il y aura inévitablement d’autres phénomènes de ce genre dans l’art contemporain, comme si pour le moment il s’agissait d’un cas isolé, voire du premier ou d’un des premier cas “d’imposture” artistique de ce genre. Pourquoi ne pas y associer ceux de Jeff Koons, ou de Paul Mac Carthy, ou meme de Damien Hirst que vous citez dans l’article, dont les démarches sont ouvertement liées à la spéculation financière, ou à un calcul autopromotionnel lié à un habillage prétendument subversif que vous dénoncez d’ailleurs chez Pasqua, quand ce n’est pas les deux à la fois. En allant un peu vite, on pourrait en conclure que certains artistes, malgré leur intéret avérré pour l’argent, ou leur penchant évident à ne servir au fond que leur propre cause, reste malgré cela au dessus de tout soupçon quant à leur intégrité sur le plan de la démarche. On peut raisonnablement se poser alors la question : en vertu de quoi ? La seule réponse que j’entrevois à l’heure actuelle relève du sentiment religieux, qui voudrait que certains possèdent d’une certaine façon la “grâce”, quelque soit par ailleurs la nature de leur propos ou de leurs agissements.
    Plus étonnant encore à mon sens, c’est qu’à aucun moment vous n’interrogez le système du marché de l’art lui meme, qui veut qu’une oeuvre puisse couter plusieurs millions de dollars, etre considérée comme un bien purement marchand et servir ainsi la noble cause du grand capital, de la dissimulation fiscale et de ses paradis bien réels.
    Je suis surement naif et idéaliste, mais je suis plus choqué par le fonctionnement global du système marchand lié à l’art que par le fait qu’un artiste isolé cherche à en profiter. D’autant que finalement, il apparaît que tous ceux qui y souscrivent semblent pudiquement détourner le regard des buts que celui ci se donne, en faisant mine bien souvent de dénoncer le système du bout des lèvres, pour finalement n’avoir d’autre ambition que de s’y faire une petite place. Je trouve paradoxal l’attitude qui consiste à légitimer cetains artistes sur le critère de leur sincérité, ce qui, transposé au domaine religieux, correspondrait à “avoir la foi”, et de valider par là meme leur participation à un système dénué de toute préoccupation humaniste, fondé majoritairement sur l’appropriation de marchandises liée à la satisfaction d’un désir de possession exclusive et privative au regard du bien public, ou à la seule ambition de réaliser des profits. Pour rester dans la comparaison religieuse, nous sommes en pleine métaphore des marchands du temple. Alors certes, Pasqua fait de la merde et les gens qui l’achètent feraient mieux d’utiliser leurs deniers à promouvoir de meilleurs entreprises, mais au delà de cela, on comprendra que la question que je me pose est plutôt : Faut il acheter de l’art contemporain ?

  10. lionel Gerard

    Bonjour

    Alors la je dis bravo bravo avec un Grand …..
    On tape sur un artiste qui fait quelque chose lui et pas simplement écrire sur un ordinateur ce que l on pense de son voisin.
    Et les GALERIES ds tout ça on en fait quoi??????
    C est pas eux qui ns vendent les oeuvres de cet Artiste et qui s en mettent pleins les poches .
    En ns mentant ouvertement ….
    Alors stop j ai lu et trouvé cet article NUL ET FACILE de casser les ARTISTES et vs vs êtes bonne a QUOI?????

  11. lionel Gerard

    la dak a 100% Bien vue MERCI sa fait du bien de voir qu il y a des gens qui réfléchissent

  12. voltz jean manuel

    Bonsoir,
    je ne suis pas d’accord ni sur le fond ni sur la forme. Ai-je le droit d’aimer P.Pasqua ? Bien sûr que oui. Je ne collectionne pas P.Pasqua, mais j’aime… je n’ai pas fait normale Sup et ne suis pas critique d’art, mais cela fait 20 ans que je collectionne, que je lis, visite, m’informe, expose et achète. Ainsi, sans avoir vos compétences, je ne me considère pas comme un idiot sur le sujet. Sur la forme, contrairement à vous, je trouve que la peinture de P.Pasqua tient la route, face à celle d’une jenny Saville, d’une Elisabeth Peyton, d’un Alex Katz ou d’une cecilly Brown que je connais bien pour les avoir vu et revu. Sur le fond, le discours n’est pas plus creux que celui d’un Koons, d’un Hirst ou d’un Murakami, trois des poids-lourds du marché… C’est simplement le reflet d’une époque. Appelez ça la mode si vous voulez, peut être disparaîtront-ils à la relecture de l’histoire comme les Pompiers du second empire, mais ce n’est pas vous qui en déciderez . Les vanités ont traversé l’histoire de l’Art, et continueront de le faire forte de leur symbolique, c’est tout. Le plagiat, si plagiat il y a, fait aussi parti de cette histoire et les plus grands l’ont fait avec talent,souvent,tout en ouvrant des voies nouvelles à la création. Je vous invite à retourner au Louvre, au Musée des Offices, au Prado pour ne citer qu’eux, c’est une tout autre nourriture que vous allez y trouver. D’ailleurs lui(P.Pasqua) avez-vous demandé pourquoi il les avait fait ces vanités ?
    Maintenant dire des collectionneurs qui ont acheté des oeuvres de P.Pasqua qu’ils l’ont fait juste pour leur déco c’est bien mal les connaître et les juger et quand bien même où est le mal? Vous qui les conseillez… C’est dans 20 ou 30 ans que l’on pourra juger l’œuvre, pour l’instant elle fait sens autant que les autres. Je vous souhaite de tout cœur de découvrir le Picasso, Le Warhol ou le Basquiat du XXI avant les autres.Tout n’est pas que révolution. Enfin, ce n’est pas très élégant de dézinguer un artiste comme vous le faites, c’est facile.J’ai surtout l’impression que vous réglez vos comptes avec ceux qui ne pense pas comme vous…
    Et à être péremptoire et cassante comme vous l’êtes sans étayer vos propos et sans les référencer, vous vous desservez.
    Bon dimanche.
    Cordialement.

  13. Anne Malherbe

    Libre à l’artiste de créer ce qu’il souhaite, au collectionneur d’acheter ce qu’il désire, au critique de dire ce qu’il pense.
    Je crois simplement que tous les acteurs du monde de l’art ont une responsabilité . Et que, là comme ailleurs, il y a des phénomènes qui sont positifs et d’autres qui me le paraissent moins.
    Je suis désolée si vous avez pris mes propos pour vous.

  14. Marc

    On est pas forcé d’aimer une une œuvre de Jenny Savile mais au moins elle provoque un profond malaise, tandis que celle de Pasqua tout juste un fou rire de consternation, tant le plagia est flagrant, mais à un point que cela en est gênant. Le garçon est habile certes, mais la virtuosité du pinceau, si elle en est, ne fait pas de lui un artiste, tout juste un bon artisan en peinture (pour ne pas dire en peinturlure) reproduisant inlassablement les mêmes poncifs. En parcourant l’œuvre de Pasqua, on est forcé de constater qu’il est à l’évidence tout, sauf un poète. Il faut être aveugle pour ne pas voir la vulgarité, tant son travail est dénué de sens et de sensibilité, c’est affligeant. A mon sens, il ne mérite pas qu’on s’y attarde, ni même qu’on s’étende sur la question de savoir si son œuvre est intéressante ou pas, d’ailleurs. Elle se vend bien, point barre, et c’est manifestement tout ce qui compte aux yeux des collectionneurs, tant mieux pour lui, et tant pis pour l’art. Désolant.

  15. Simon

    Les crânes de Philippe Pasqua sont en effet simplement et seulement un parfait produit marketing, un prêt à flatter l’apprenti collectionneur qui décide de faire rentrer l’art contemporain chez lui pour fêter ses premiers gros gains acquis sur les marchés (boursiers :-)) La recette est très simple : d’abord une réappropriation avec le crâne d’une icône de la peinture occidentale, qui devint même un genre à part entière dit “Vanité” ou “Memento mori”au XVII eme, considéré au passage comme l”âge d’or de cette peinture. Conséquence, l’oeuvre se drape d’une légitimité (…de sérieux) en s’inscrivant dans l’histoire multiséculaire de la peinture occidentale. Quelques papillons ensuite pour s’arrimer au temps présent, plus volatile ( naturel pour un papillon) et bling-bling, avec un clin d’oeil plutôt lourdingue à l’un des papes de l’art contemporain en la personne de Damien Hirst. Voilà, emballé, pesé, c’est vendu !!
    Là ou le système Pasqua atteint ses limites, c’est que justement le sieur Damien Hirst est déjà passé là et ça ne marche qu’une fois. Attention, il y a dans l’oeuvre de Damien Hirst beaucoup de choses intéressantes et même novatrices, mais il y a aussi un “Dark” side de sa production (qui n’est pas à mes yeux les coupes de requins, vaches et autres) mais plutôt ces dizaines de milliers de multiples représentant papillons ou têtes de mort, chacun d’entre eux faisant l’objet d’éditions à plusieurs centaines, voir milliers d’exemplaires et vendus, comble de l’absurde (et de la bêtise des acheteurs aussi) plusieurs milliers d’euros pièce(ss) !!!! Donner envie d’ acheter une “oeuvre” reproductible mécaniquement à l’infini, dont on ignore le nombre d’exemplaires en circulation et à “naître”, dix mille euros,voilà ce qu’a réussi à faire le grand magicien Damien Hirst. A mes yeux, cela n’a en revanche pas contribué à grandir et rendre meilleur l’art contemporain, bien au contraire. Alors quand j’ai vu il y a quelques années à Art Paris sur le stand de son marchand parisien, une overdose de dessins de Philippe Pasqua présentés pèle méle, entassés par dizaines dans tous les coins sur le mode du souk, comme s’il en pleuvait, des crânes dans trois couleurs et trois formats différents, avec ce sentiment que ce n’était là que la partie la plus émergée de l’iceberg de sa production du moment, à ce moment là l’artiste Philippe Pasqua a pour moi cessé d’exister et de m’intéresser.

  16. Daniele Sanchez

    Merci, chère madame, pour votre pertinence et votre courage, et la qualité de votre propos. Je m’indignai il y a deux jours à peine, parce que l’émotion visuelle sincère que provoquent les œuvres exposées à Montpellier, d’une artiste québecoise, l’agitation moleculaire que declenche cette excellente prestation plastique, se dissolve vers le calme plat dés qu’on s’approche plus près de ce qui s’avère en réalité etre du boulot de graphiste ! Des “tirages numériques”. Consensus approbateur, et fascination générale. Les superbes tirages montés sur chassis et encadrés avec grand soin (cadres assortis au parquet de la galerie ) occasionnent les sourires béats des invités au vernissage.
    A l’exterieur je rencontre la directrice de la revue d’art en vogue dans la region, je m’exprime et l’on me repond, que le “sujet” (l’étang de Thau voisin)est vraiment renouvelé… des tirages vendus entre 3500 et 4000 $ pièce, ne s’adressent ni à l’amateur, ni au collectionneur…c’est la misère de l’art … Bien à vous. Daniele Sanchez

  17. Daniele Sanchez

    desolée pour l’orthographe , je n’ai pas relu , “dissolvent” bien entendu.

  18. Marc

    Tout d’abord, restez courtois svp, ensuite, vous confondez l’action de barbouiller de la peinture de façon maniérée, relevant de l’artifice, avec le fait même de réaliser une œuvre fondatrice. Faire le discernement nécessite néanmoins un minimum de culture plastique, ce qui contrairement à Anne Malherbe vous fait manifestement défaut cher monsieur.

  19. Hugues

    Je trouve vos propos excessifs. Pour Pasqua il s’agit d’un phénomène qui dépasse l’ego du collectionneur d’art averti, pour plaire à des personnes qui réagissent avec instinct sans connaissances particulière, c’est peut être cela qui vous dérange ?
    Le fait de plaire ne signifie pas que philippe pasqua c’est de la m… ni que c’est un génie , seul le temps jugera.

  20. Anne Malherbe

    Le collectionneur a selon moi une responsabilité, particulièrement quand de telles sommes sont en jeu. Dire “le temps jugera” est un peu léger. Nous avons tous des moyens d’information à notre disposition pour faire preuve d’un minimum de discernement.

  21. Vincent

    C’est curieux, il semble que certaines personnes n’ont pas compris la fonction de la critique et le pouvoir qu’ils ont par rapport à elle.
    On la lit, elle nous apporte quelque chose (ou pas) -si elle nous hérisse, elle nous permet d’ailleurs de mieux nous rendre compte de nos propres choix-.
    Mais dans tous les cas, on en prend toujours ce qu’on veut : pas d’accord ? Et bien il suffit de ne pas en tenir compte ! C’est comme pour Charlie : éventuellement, contre-argumenter, mais pas besoin de casser !

  22. Marc Olivier BERNARD

    La valorisation sociale que peut procurer l’achat d’oeuvres d’art est un facteur important du marché de l’art, de même que le rôle de spéculateurs opportunistes. Ce jeu se pratique surtout sur des oeuvres récentes et certains artistes sont d’habiles marketeurs. Quant à la dynamique de la côte d’un artiste, il suffit d’observer qu’à un moment donné, les ventes de certains de ces artistes s’arrêtent, et seuls les “petits prix” se vendent encore un peu, à des retardataires à petit budgets, mal renseignés.

    Donc Anne Malherbe a en théorie raison sur Pasqua, mais son propos aurait constitué une plus grande prise de risque il y a quelques années.

    Et puis il arrive que des artistes, qu’Anne Malherbe aurait peut-être sévèrement critiqués en leur temps, puisse finalement résister au temps : Yves Klein par exemple, était, d’après des témoignages que j’ai pu recueillir, considéré par le milieu des peintres plus classiques de son époque, comme un très habile marketeur, mais à la limite de la fumisterie, tant son travail était vite produit.

  23. Anne Malherbe

    Oui, vous avez raison, cet article aurait dû paraître plus tôt. En réalité, j’avais déjà exprimé la même chose sur Pasqua dans mon ancien blog, au moment de la Fiac 2007 ou d’Art Paris 2008 je ne sais plus. L’article était passé inaperçu à l’époque. Du coup j’ai été assez étonnée de ce que celui-ci ait autant fait grincer de dents … Comme quoi une piqûre de rappel de nuit pas.
    Quant à Yves Klein, bien sûr que c’est un fumiste, en tout cas c’est ce que je pense. Bien que son bleu soit très beau (il ne serait rien sans lui), bien qu’il soit au musée, bien qu’il nous fasse ratiociner sans fin. Duchamp reste le seul fumiste réellement génial.

  24. Rouet François

    Excusez moi Madame, mais je trouve cela bien triste que les critiques d’Art de notre pays passent leur temps à taper gratuitement sur les quelques rares artistes-peintres Français qui peuvent être aussi de grande qualité. Pasqua (plagieur) n’est pas le seul à s’attirer les foudres des critiques, il y a aussi Combas (trop marqué année 1980), Garouste (trop classique), il y a eu Buffet (un bon dessinateur…), et Chaissac (un sous Dubuffet), pour ne citer qu’eux. Du coup, leur aura en pâtit fortement, et ils restent peu crédibles à l’étranger puisque dans leur propre pays, on dit déjà que c’est d’la m…

    Les Américains et Anglais font tout le contraire si bien que maintenant, on entend dire qu’A Warhol et JM Basquiat sont les deux plus grands peintres du XX siècle (lol), et on constate que J Saville vend ses oeuvres avec un, voire deux zéro en plus par rapport à P Pasqua.

    Les Allemands, depuis longtemps aussi, ont compris que c’est bien de faire la promotion de leurs artistes quand ils sont bons et c’est pour cela qu’ils sont pléthores maintenant: Baselitz, Kippenberger, Immendorf, Meese, Lupertz, etc. Sans l’appui de leur pays, ces artistes n’auraient sans doute pas émergé autant, même s’ils sont (ou étaient) pétris de talent.

    Alors que vous n’aimiez pas le travail de P Pasqua est une chose tout à fait compréhensible, que vous considériez les gens qui achètent ces oeuvres pour des snobinards à moitié demeuré l’est déjà moins, et finalement passer votre temps à vous auto-mutiler et à nous tirer par ricochet une balle dans le pied, là c’est carrément too much.
    Arrêtez et vous verrez que tout de suite cela ira mieux pour tout le monde, surtout pour les artistes Français qui ont assez de mal comme cela dans le Marché de l’Art mondialisé.
    Bien cordialement, François, PhD aussi

    PS : je suis sur que certains des blogueurs seraient curieux de savoir quels artistes français vous appréciez…Mathieu peut-être?

  25. Anne Malherbe

    Monsieur,
    Avant de faire des hypothèses sur ma posture et mes goûts, merci de prendre la peine de lire mon site au lieu de vous contenter de ce qui vous tombe sous le nez. Les blogueurs curieux ont pu y trouver des réponses.
    Par ailleurs, je ne vois pas en quoi faire la promotion de n’importe quoi puisse servir l’art français.
    Et quant à mettre Pasqua et Garouste dans le même panier, c’est affligeant.

  26. Rouet François

    Madame, j’avais – avant nos échanges précédents – visité votre site et je n’y avais rien trouvé. C’est pour cela que je ne souhaitais pas l’évoquer, désolé.
    Puisque vous terminez votre blog là dessus, et ne vous en déplaise, les vrais amateurs d’art n’ont nullement besoin de conseils ou d’information (tels que vous ou d’autres peuvent en dispenser) avant d’acheter une oeuvre.
    On achète une oeuvre parce qu’elle nous émeut, stupéfie, touche tous nos sens, impressionne par la créativité, parce que que l’on souhaite vivre avec elle (le plaisir devient permanent), parce que l’on veut la faire voir à ses enfants pour la leur expliquer, parce qu’on va l’aimer de plus en plus (en dépit des modes et tendances), parce que finalement ca fait sacrément rêver.
    Autant de sentiments que j’ai eu – en partie ou totalité – devant certaines peintures de Pasqua, Garouste, et pleins d’autres (Macréau, Meese, Oehlen, Combas, Arkley, Aboudia, Lasker, Wiley, Melgaard, Paladino, Yiadom-Boakye, Borremans, etc, etc.). Vous voyez, mes goûts sont éclectiques car je sais que la critique est facile mais l’art tellement plus difficile.
    Finalement, l’achat d’une peinture est un processus complètement impulsif et très intime, et donc en aucun cas ne relève d’une information générique, glanée chez un ‘conseiller’. Chacun d’entre nous a sa vérité et elle peut être partagée ou pas par le voisin de palier, c’est tout. Pensez y quand vous aurez de nouveaux clients à conseiller…C’est finalement un conseil que je vous donne en toute humilité…

  27. Anne Malherbe

    Peut-être vous-même n’avez pas besoin de conseils, mais c’est en votre nom que vous parlez. Certains amateurs, et non des moins éclairés, sont heureux de disposer d’un éclairage supplémentaire. En aucun cas mes conseils ne se substituent au désir du client ni à sa rencontre avec l’œuvre. Je suis là pour élargir le terrain (le défricher parfois) et provoquer ces rencontres.
    D’où pouvez-vous tenir que mes conseils relèvent de l’ “information générale” ? Avec les collectionneurs avec lesquels je travaille, les échanges sont de l’ordre du dialogue, parfois même de la maïeutique.
    Croire, de toute façon, que, sans un conseiller, la rencontre entre l’œuvre et soi est immédiate relève de l’utopie. Les musées, les galeries d’art, les publications sont les premiers à orienter votre regard. A moins que les artistes dont vous parlez, vous ne les ayez, avant tout le monde, découvert à l’atelier?

  28. Jaja Bleue

    Je suis ravie de découvrir votre Blog : HYPER HYPER intéressant. La lecture coule comme une eau de source. Je bois du petit lait ! En plus du contenu, j’apprécie votre style : sans langue de bois. Très formateur. Bravo.

  29. Philippe Jonquet

    Bonjour, je suis navré de vous lire Madame. je n’aime pas non plus les crânes de Pasqua, par contre je suis très ému par sa peinture. Elle ne ressemble à rien d’autre et surtout dégage une force et une émotion que l’on retrouve très peu aujourd’hui chez les artistes contemporains français. ne pas respecter cela et vouloir vous faire bien voir en critiquant cet artiste qui devrait au contraire être soutenu par ce qu’en France ils sont si peu aujourd’hui capable d’émouvoir en dehors de nos frontières, c’est quelque part désolant. Vous avez bien évidemment le droit de ne pas aimer ce que réalise cet artiste, mais théoriser de la sorte et vouloir intellectualiser ce qui reste de l’ordre de l’émotion est fort périlleux et je pense en l’espèce que vous vous êtes abaissée à dégrader quelqu’un qui ne le mérite pas. Bien cordialement PJ

  30. Anne Malherbe

    Bonsoir,
    C’est pour le bien de la peinture française, justement, que je me permets de faire connaître mon avis sur un artiste dont je n’approuve pas le succès, qui se fait aux dépens d’autres artistes qui m’émeuvent infiniment plus.
    Ensuite, vous avez beau jeu de me faire savoir que j'”intellectualise”, sous prétexte que je critique négativement. Une critique positive n’aurait pas moins été intellectuelle, mais elle ne vous aurait pas dérangé pour autant.
    Enfin, ne pas prendre position relève de la mauvaise foi intellectuelle. Vous prenez position en critiquant mon article, moi de même en critiquant l’œuvre de Pasqua.
    Cordialement.
    Anne

  31. Anonyme

    Bonsoir,
    Il est de bon ton que la “conseillère en art contemporain” telle que vous vous présentez se pose la question d’une éventuelle imposture dans l’art contemporain…
    Néanmoins, concernant Philippe Pasqua, je pense que vous faites fausse route.
    J’admets que l’on puisse détester l’homme sans même l’avoir jamais rencontré, au vu du portrait qui en est fait dans les reportages…
    Je conçois également qu’on puisse voir un côté “marketing” dans les sérigraphies de crânes rehaussés de quelques touches de couleur.
    Néanmoins, vous ne pouvez nier, en tant que “critique d’art”, que le peintre possède une maîtrise technique exceptionnelle comme en attestent ces tableaux_ j’entends par là les huiles sur toile_.
    Peut-être n’êtes vous pas sensible à la puissance et à l’émotion de ses portraits et de ses crânes (je ne parle ici que des huiles sur toile), peut-être n’y voyez vous encore qu’un plagiat des oeuvres de Jenny Saville… certains pourraient y voir du Bilal, mais vous ne pouvez pas au sujet de Pasqua, parler “d’imposture”.
    Parce qu’alors que dire d’artistes bien moins “légitimes”, comme M.Chat, Spark, Ben, Hirst, Koons… et j’ose même… Basquiat ?
    Alors oui, Pasqua a trouvé une martingale avec ses “sérigraphies” (les galéristes parlent de “technique mixte sur papier”) qui lui permettent de se consacrer à des huiles sur toile monumentales et des oeuvres gigantesques, mais ça ne lui enlève en rien son talent.
    Je suis amateur et collectionneur d’art, de Le Moal à Jonone, en passant par Venard, Manessier, Moiras ou Pasqua. J’ai la prétention de penser savoir distinguer le très bon du très mauvais, et à l’évidence, Pasqua ne fait pas partie de la dernière catégorie.

  32. Assunta Genovesio

    Je découvre avec appétit et bonheur vos écrits Mme Malherbe, qui font écho à ce que je pense profondément.
    Non seulement la peinture de Pasqua est mauvaise, racoleuse, vulgaire, et comme vous le dites apte à séduire les incultes, mais en plus elle a ouvert la brèche en France, comme une trainée de poudre, à un style de peinture figurative très habile mais totalement désincarnée.Je ne sais pas qui est l’agent de Mr Pasqua mais il à fait un très bon travail de com pour lui, c’est certain!!
    Je me plaignais d’une absence de vraie critique d’art dans notre pays et suis d’autant plus contente de vous lire. Bravo, c’est courageux.

  33. Marie-Laure

    Sans doute quelques bien pensants de la noblesse ou de la bourgeoisie de la renaissance pensaient-ils aussi que la peinture de De Vinci ou Michel Ange était racoleuse, vulgaire et apte à séduire les incultes. Les goûts et les couleurs …

  34. Michèle

    Voilà , MERCI ,tout est parfaitement exprimé ici .
    signé;
    Une prof d’ARTS PLASTIQUES.( souvent confrontée à la méconnaissance et à l’incompréhension du phénomène artistique ).

  35. Jodorow

    Je partage en tous points l’avis de “Anonyme” du 26/10/15 et aurais pu écrire la même chose au mot près, étant également collectionneur des mêmes artistes : Pasqua, Jenkins, Moiras, Jonone, Venard,… et partageant tout à fait le point de vue sur certaines “artistes” contemporains (Ben, M. Chat,…)
    Chez Pasqua, il faut savoir trier le bon grain de l’ivraie, mais ses huiles sur toile (séries des crânes et des visages) sont tout simplement exceptionnelles… ne vous y trompez pas !

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