Ingrédients:

– au moins un artiste qui donne dans le cabinet de curiosités,
– sans oublier quelques bouts d’animaux morts ici ou là,
– un (et/ou une) qui fait des petits dessins rageurs, souvent associés à des phrases destinées à nous secouer,
–  un(e) qui peint à la manière de Gerhard Richter,
– un artiste qui se met en scène dans des vidéos humoristiques,
– un dadaïste,
–  un duo d’artistes au propos abscons servi par un propos critique tout aussi abscons,
–  une artiste coréenne — jamais “un”,
– une artiste qui fait des choses “féminines”, c’est-à-dire avec des cheveux,
– un certain quota de peintres de qualité étonnamment variable,
– un artiste qui “questionne les images” (sic),
– et un autre qui les “perturbe” de façon à nous “troubler”,
– sans compter toutes les images définitivement “ambigües” ou ironiques.

On constatera que la recette fonctionne avec simplement quelques uns de ces ingrédients.
Je ne sais pas si c’est complètement conscient de la part des organisateurs. En tout cas, c’est de l’ordre du tropisme. A moins qu’ils n’aient pas vraiment eu le choix.
Cela ne devrait pas avoir de rapport avec la qualité même des œuvres présentées. Mais certaines rentrent tellement facilement dans des cases qu’il est judicieux de se poser quelques questions.

Sinon, au Salon de Montrouge, il y avait quand même deux-trois choses que j’ai appréciées (c’est l’avantage, elles ressortent). J’en parlerai une autre fois.

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Cet article a 12 commentaires

  1. Anne, ne s’agit t-il, tout simplement, d’une incarnation de “l’air du temps”, d’avoir saisi, à travers ces thèmes, méthodes, discours, etc. artistiques aujourd’hui récurrents, la “saveur d’une époque” ?
    Et ce qui apparait en relief, en “défonce”, ne nous parle t-elles pas, ces œuvres “bouffées d’air frais”, de demain ?

  2. Oui, c’est l’air du temps. C’est pourquoi il vaut la peine de remettre les choses à leur place. De là à dire qu’elles sont savoureuses … pour un regard de sociologue?
    Celles qui ressortent, ce sont celles qui ont ce petit plus grâce auquel elles ne se contentent pas de faire gonfler le flot de la production (et pas toujours création …) artistique.

  3. Tout à fait d’accord Anne (j’aime de plus en plus lire vos articles !)

  4. Je ne fréquente pas assez de manifestation artistique pour faire de telles généralités, mais je retrouve des réalités que j’ai pu croiser aux détours d’expo, de galeries.

    La question qui me vient tout de suite à l’esprit, qu’elle serait ta recette toute personnelle pour une manifestation artistique aujourd’hui.

  5. Super question, Hadda, et oui, la réponse viendra, volontiers!

  6. EXCELLENT ! Bravo, très bonne analyse ! 🙂

  7. (et drôle, en plus !)

  8. Il y a longtemps que j’attendais une telle posture, celle d’une critique qui ose dire et qui sait dire, un point de vue engagé. Il était temps !

  9. J’adore… Vivement la Anne-Malherbe-touch :o) On va kiffer émotionnellement…

  10. La visite du dernier salon de Montrouge m’a laissé circonspect…. J’avais pourtant aimé la mouture précédente.
    Entre exercices de style et références à l’histoire de l’art, l’impression est de visiter une expo de fin d’année d’étudiants en MANAA.
    Aussi, face à la légèreté des propositions allant de l’humour aux petites questions socio/politiques sans jamais “entacher” la bonne humeur du visiteur me suis je demandé si la stratégie du jury du salon n’était elle pas de réagir face aux attentats du mois de janv. dont Montrouge fut l’un des théâtres?
    Laver la ville de son passé récent et des mauvaises ondes, jouer et se distraire pour oublier?

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