L’art de Sacha Ketoff allie les contraires. C’est ce qui fait sa puissance.

Y coexistent la rage que délivrent les traits noirs et aigres, et la douceur exprimée par le modelé des figures ; l’équilibre instable des compositions faites de bouts assemblés et la volonté, malgré tout, de faire tenir entre eux tous ces morceaux épars ; l’hommage aux maîtres anciens, perceptible un peu partout, et l’éclatement de ces références, qui apparaissent comme par réminiscences fragmentaires. L’échappée poétique, apaisante, diffusée par les citations insérées dans les dessins, et l’angoisse d’un monde inhabitable. Le narcissisme d’un artiste qui se présente partout sous différents masques, et la compassion envers les êtres laissés de côté. Et enfin, traversant tout cela, l’alimentant sans cesse, l’énergie vitale et celle de la destruction.

L’énergie vitale se tient dans les couleurs, la jubilation, le jeu. La mort, dans le matériau même (du noir de charbon réalisé à partir d’ossements), les lambeaux, les coulures, le grincement. La seconde semble la plus puissante et la plus irrésistible. La première, pourtant, parvient toujours à ressaisir la matière en proie au délitement.

Sacha Ketoff s’est éteint le 8 avril, peu après l’ouverture de son exposition personnelle, galerie Maïa Muller.

Faust et Marguerite, 2013, technique mixte sur papier paraffiné, 190 x 180 cm.
 Portrait de l’Infante Marguerite, technique mixte sur papier paraffiné, 190 x 180 cm.
Alma et Malvina Bali, technique mixte sur papier paraffiné, 190 x 180 cm.
Image d’en-tête: Sacha Ketoff, Autoportrait, technique mixte sur papier paraffiné, 97 x 73  cm.
Toutes les images sont courtoisie galerie Maïa Muller, Paris.
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