Cela faisait quelques temps que je ne m’étais pas trouvée dans l’atelier d’Olivier Masmonteil, et la dernière fois que je m’y étais rendue, celui-ci travaillait encore partiellement à l’acrylique. Depuis, il s’est remis à l’huile. Si bien que, à peine avais-je posé  le pied à l’intérieur, l’odeur d’essence m’a envahi les narines — l’odeur de la peinture et de ses mirages.?Il faut dire qu’il y avait des tableaux partout. L’atelier est vaste. Et l’artiste, dans un coin, était presque entièrement masqué par ses toiles.
De grands formats, posées de tous côtés, elles m’apparaissaient comme les éléments d’un décor de théâtre prêts à être disposés en scène. Je marchais dans l’étroit espace encore disponible, comme dans des coulisses — ces lieux coincés entre le monde réel et celui de l’imaginaire.?Tout cela était d’autant plus saisissant que les tableaux étaient inachevés: il ne s’agissait encore que des fonds qui attendaient leurs personnages et les détails destinés à donner vie à la scène.
A ce moment-là, c’est comme-ci j’avais été le personnage manquant. Une ambiance bleue y dominait, douce et chaleureuse malgré le choix des tons dominants. Il s’agissait de scènes d’intérieurs — maisons, chambres d’hôtel — rythmées par les lignes qui construisent l’espace, par l’ombre des portes, par les fenêtres ouvertes.
Je voyais en sous-impression, derrière ces tableaux, ceux de Pieter de Hooch, vus tout récemment à Amsterdam, et sa façon si particulière de scander l’espace par le rectangle tantôt sombre, tantôt lumineux des ouvertures. Mais je ressentais aussi combien l’énergie en était différente. Si Pieter de Hooch exprime le repli dans l’ombre de la maison, les toiles d’Olivier Masmonteil sont toutes en suggestion d’une ouverture vers le monde. Je peux difficilement donner une conclusion à ce texte: c’est à l’artiste de conclure ses toiles, visibles à partir de décembre dans une galerie belge.

En attendant, je vous propose une visite, à Paris, de l’exposition actuelle d’Olivier Masmonteil: voir ci-contre la rubrique “Actualités”.

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(Images: Olivier Masmonteil, 2012, courtesy de l'artiste et galerie Dukan & Hourdequin, Paris)
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Cet article a 2 commentaires

  1. Quel changement et je suis toujours autant fan de ses toiles.

    Merci pour ton texte enchanteur …

  2. Merci à toi pour ton enthousiasme, Florence!

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