Voilà une artiste dont j’avais déjà vu le travail, à l’atelier, il y a quelques années. Puis le temps a passé, et j’ai eu de nouveau envie de voir ce qu’il en était.
Ça a été une expérience vraiment émouvante. Car, en apparence, rien n’avait fondamentalement changé dans les œuvres de Valérie Belmokhtar : ce sont toujours des sujets intimes et oniriques qui évoquent le féminin, et aussi l’enfance et l’innocence; ils ont encore cette fraîcheur et cette délicatesse que rien ne semble pouvoir altérer. La technique, de son côté, a suivi son chemin: moins de peinture et plus de gravure, avec l’ajout de fins collages. Les formats sont généralement plus petits qu’auparavant.

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Ces légers changements, qui ponctuent un même fil conducteur, ont cependant accompagné quelque chose d’essentiel: la mise à nu d’une fragilité très subtilement apparue dans le trait, comme si, sans avoir pourtant changé d’univers, l’artiste laissait percer plus vivement sa sensibilité.
On voit bien que la sensibilité n’est pas seulement une question de choix du sujet, mais qu’elle est ce fluide particulier qui irrigue le trait de l’artiste. La persévérance avec laquelle elle a mis en place son univers fait que maintenant elle ose l’habiter tout entière et qu’elle le nourrit d’elle-même. Et cela m’a profondément touchée.

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(cliquer sur les images pour les voir en entier et en grand; © Valérie Belmokhtar, 2012)
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Cet article a 1 commentaire

  1. C’est très délicat comme travail. Si cette artiste est dans ton “catalogue”, ça m’intéresse.
    Merci pour tes découvertes !

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